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Virginie Gautier

Virginie Gautier

L’autrice de Vers les terres vagues (Nous, 2022) ou de Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire (Publie.net, 2014) relate, à travers ses œuvres, ce qui se déplace en elle lorsqu’elle traverse un paysage. La traversée d’un territoire, tout comme la littérature, mettent au centre de la pensée la question de l’altérité. Dans son œuvre, le déplacement même devient le processus de création. Allant puiser dans l’histoire de la littérature comme dans une boîte à outils, elle en ressort des protocoles hérétiques, qui empruntent tant à la psychogéographie qu'à l’Oulipo. En résidence à l’abbaye d’Ardenne, elle travaille sur un texte littéraire sur le vent, phénomène météorologique qui se joue des frontières.

Virginie Gautier étudie en école d’art puis développe une pratique artistique autour des questions d’espace, de perception et de déplacement qu'elle poursuit aujourd'hui par le dessin et l'écriture. Elle est publiée aux éditions du Chemin de Fer, Joca Seria, Publie.net et Nous. Elle a codirigé chez Publie.net la collection poésie, L'esquif.

Après avoir enseigné les arts visuels, elle est engagée dans la recherche-création en littérature. Elle a soutenue une thèse intitulée Poïétique du déplacement. De l'espace traversé à la traversée de l'écriture à l’université de Cergy-Paris.

Présentation du projet d'écriture par Virginie Gautier :
« Certes, la tempête est un topos artistique et littéraire très partagé. Me viennent à l’esprit les croquis et peintures de William Turner, le film muet de Victor Sjöström Le Vent, ainsi que plusieurs textes : Le Bateau ouvert de Stephen Crane, Une histoire de tempête d’Hubert Mingarelli, La Tempête de Shakespeare, les Vents de Saint John Perse et La Horde du Contrevent d’Alain Damasio, etc. Une étape de lecture et d’immersion dans quelques œuvres sera peut-être nécessaire pour comprendre ce que recouvrent ces questions de climat et d’irruption d’un élément géophysique dans la fiction. Le vent sculpte, soulève, déplace, chorégraphie, bouscule, s’engouffre. C’est un élément atmosphérique qui permet de redessiner le paysage. Il procède par entrelacement, reliant et rapprochant, mêlant entre elles des choses distantes. Il met en mouvement le monde végétal et transporte des masses d’air, des odeurs, des bruits. Cette dimension sonore m’intéresse particulièrement. Elle m’amène à imaginer le vent comme une voix échopoétique, c’est-à-dire une voix qui porterait des traces des milieux de vie traversés. Comment donner voix à ces traces ? Quelle serait une poétique travaillée par “l’oralité” du vent ? Quelle fiction pourrait naître de cette matière immersive et intraduisible qui pourrait activer l’écoute de tout le vivant et chercher à réarticuler nos voix et nos corps aux bruits du monde sensible ? »

Elle rencontrera à plusieurs reprises les étudiantes et étudiants de l’université de Caen, dans le cadre du programme Pacte. Géographes, spécialiste de l’urbain ou de l’aménagement du territoire découvriront, grâce à l’accompagnement de Virginie Gautier, comment la littérature nous permet de penser autrement les villes et les espaces que nous habitons.

Virginie Gautier sera en résidence à l’Imec du 17 mars au 17 avril puis tout le mois de mai.

Cette résidence est rendue possible par le Fonds d’aide au développement de l'économie du livre de Normandie Livre & Lecture, en partenariat avec le Centre National du Livre et la Région Normandie.